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Qui fonde les startups à succès ? Ce que dit la répartition ethnique du haut du classement

Entre licornes à fondateurs immigrés et écart de financement abyssal, les données racontent une histoire à double face : les underdogs sont bien là, mais l'argent ne suit pas.

La rédaction · 28 septembre 2026
Qui fonde les startups à succès ? Ce que dit la répartition ethnique du haut du classement
Illustration générée par IA

Regardez le haut du classement des startups américaines et une surprise saute aux yeux : les fondateurs issus de minorités y sont loin d'être absents. L'étude de la Venture Capital Initiative de Stanford, menée par Ilya Strebulaev sur plus de 1 100 licornes, montre que la composition ethnique de l'équipe fondatrice ne change quasiment pas la probabilité de devenir une licorne. Les équipes entièrement asiatiques affichent même une probabilité légèrement supérieure. Autrement dit : à qualité égale, un fondateur noir, latino ou immigré a autant de chances de réussir qu'un fondateur blanc.

L'étude du NBER sur l'entrepreneuriat immigré confirme cette présence au sommet : les immigrés fondent des entreprises à tous les niveaux de taille, y compris parmi les plus grosses réussites, à un taux supérieur à leur part de la population. Et selon UC Berkeley Haas, qui a analysé près de 91 000 startups, les équipes mixtes — un fondateur né aux États-Unis associé à un immigré — font mieux que toutes les autres : 20 % d'emplois en plus trois ans après le lancement, des levées plus importantes, plus de sorties en bourse ou par acquisition. Nvidia, cofondée par l'immigré taïwanais Jensen Huang avec deux ingénieurs américains, en est le cas d'école.

Mais il y a l'autre face. McKinsey a calculé qu'en 2022, les fondateurs noirs n'ont reçu que 1 % du capital-risque américain, et les fondateurs latinos 1,5 %. L'étude NBER de Cook, Marx et Yimfor, sur plus de 100 000 fondateurs, montre qu'à année, secteur et État identiques, une startup fondée par un Noir lève environ trois fois moins dans ses cinq premières années. Pourtant, l'écart disparaît après la série B : une fois que la performance est visible, les investisseurs corrigent leur tir. Le problème n'est donc pas le talent, mais l'accès au premier chèque.

Le calcul de Stanford donne le vertige : si les fondateurs noirs et hispaniques créaient des startups au même rythme que les fondateurs blancs non hispaniques, les États-Unis compteraient plus de 400 licornes supplémentaires, soit environ 1 500 milliards de dollars de valorisation en plus. Les underdogs sont déjà bien représentés parmi ceux qui réussissent — c'est l'entonnoir d'entrée, et surtout le financement initial, qui bloque.

Un point de méthode, pour rester honnête : mesurer l'« ethnicité » de fondateurs est délicat. Les études s'appuient sur des algorithmes de reconnaissance de noms et d'images, revus à la main, avec une marge d'erreur réelle. Les catégories utilisées (noir, latino, asiatique, blanc) sont celles des statistiques américaines et ne se transposent pas telles quelles en Europe, où ce type de comptage est souvent interdit. Les chiffres cités ici concernent donc l'écosystème américain.

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